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Prélèvements sociaux sur l’assurance-vie : quand ils s’appliquent et à quel taux

Par · · · 9 min
Prélèvements sociaux sur l’assurance-vie

Mis à jour le 13 août 2026

Un retrait sur un contrat d’assurance-vie n’échappe jamais aux prélèvements sociaux, même quand l’impôt sur le revenu, lui, s’efface grâce à l’ancienneté du contrat. Ces prélèvements ne portent que sur les gains, jamais sur les sommes versées, et leur taux dépend à la fois de la date du retrait et du type de contrat concerné. Une réforme entrée en vigueur au 1er janvier 2026 change d’ailleurs la donne, mais pas pour tout le monde.

En bref: les gains de l’assurance-vie supportent des prélèvements sociaux au taux de 17,2 % pour la très grande majorité des contrats, y compris depuis le 1er janvier 2026, malgré une hausse générale du taux à 18,6 % qui ne concerne, sur ce produit, que les contrats de rente-survie et d’épargne handicap. Le prélèvement intervient chaque année sur les intérêts des fonds en euros, et seulement au moment du retrait, du rachat ou du décès pour les unités de compte.

Que recouvrent les prélèvements sociaux sur l’assurance-vie ?

Les prélèvements sociaux sont un ensemble de taxes distinctes de l’impôt sur le revenu, qui financent la protection sociale: la CSG (contribution sociale généralisée), la CRDS (contribution pour le remboursement de la dette sociale) et le prélèvement de solidarité. Sur l’assurance-vie, ils s’appliquent uniquement aux gains, intérêts des fonds en euros, plus-values des unités de compte, jamais au capital que l’épargnant a versé sous forme de primes.

Cette taxation sociale s’applique quel que soit le sort du contrat à l’impôt sur le revenu. Un contrat de plus de huit ans peut voir ses gains largement exonérés d’impôt grâce à l’abattement annuel, mais les prélèvements sociaux, eux, restent dus sur la totalité des produits, sans aucun abattement. C’est un point souvent mal compris: l’avantage fiscal de l’assurance-vie porte sur l’impôt sur le revenu, pas sur la part sociale.

17,2 % ou 18,6 % en 2026, quel taux s’applique vraiment ?

Le taux global des prélèvements sociaux est fixé à 17,2 % depuis janvier 2018, décomposé en 9,2 % de CSG, 0,5 % de CRDS et 7,5 % de prélèvement de solidarité. Depuis le 1er janvier 2026, ce taux global est passé à 18,6 % pour la plupart des revenus de placement, la hausse portant sur la seule CSG, désormais fixée à 10,6 % au lieu de 9,2 %.

Mais l’assurance-vie fait exception à cette hausse. Les produits attachés aux contrats d’assurance-vie comportant une valeur de rachat et une garantie de capital à terme, ainsi que les contrats de capitalisation, restent soumis au taux de 17,2 %. Autrement dit, un contrat en fonds euros, un contrat multisupport classique ou un contrat en unités de compte « ordinaire » continuent d’être taxés à 17,2 %, exactement comme avant la réforme.

Deux catégories de contrats font toutefois basculer au nouveau taux de 18,6 %: les contrats de « rente-survie » et d’« épargne handicap », dispositifs spécifiques destinés à constituer un capital ou une rente au bénéfice d’une personne handicapée. Pour ces deux produits seulement, la CSG grimpe elle aussi à 10,6 %, portant le total à 18,6 %.

Type de contrat ou de supportTaux au 1er janvier 2026Moment du prélèvement
Fonds en euros (contrat classique)17,2 %Chaque année, lors de l’inscription des intérêts en compte
Unités de compte (contrat multisupport)17,2 %Au retrait, rachat partiel/total ou dénouement
Contrats de capitalisation à valeur de rachat garantie17,2 %Au retrait ou au dénouement
Contrats « rente-survie »18,6 %Au retrait ou au dénouement
Contrats « épargne handicap »18,6 %Au retrait ou au dénouement

À quel moment le prélèvement est-il réellement effectué ?

Le moment du prélèvement dépend directement du support choisi. Pour un contrat en fonds euros, les intérêts sont crédités une fois par an, et les prélèvements sociaux sont retenus dès cette inscription en compte, sans attendre un retrait. Concrètement, chaque année, l’épargnant voit une partie de ses intérêts amputée avant même de toucher un centime.

Pour les unités de compte, le mécanisme est différent: aucun prélèvement social n’intervient tant que l’argent reste investi, même si les supports prennent de la valeur. La taxation ne se déclenche qu’au retrait, au rachat partiel ou total, ou lors du dénouement du contrat au décès de l’assuré. Le taux applicable est alors celui en vigueur à la date de ce retrait ou de ce décès, et non celui qui prévalait lors du versement initial.

Un contrat multisupport combine donc les deux logiques: la poche en fonds euros est taxée chaque année, la poche en unités de compte seulement à la sortie. Cette distinction explique pourquoi deux contrats ouverts la même année peuvent avoir un historique de prélèvements très différent selon leur allocation. Avant de signer un nouveau contrat, il vaut mieux aussi vérifier les clauses propres à chaque assureur, certaines pouvant réserver des problèmes à connaître avant de signer une assurance-vie.

Comment calculer le montant retenu sur un retrait ?

Le calcul se fait uniquement sur la part de gains contenue dans le retrait, pas sur le montant total récupéré. Cette part de gains se détermine par un prorata entre le capital versé et les intérêts capitalisés au moment du rachat, une opération que l’assureur effectue automatiquement et détaille sur l’avis de prélèvement.

Prenons un rachat partiel de 10 000 € sur un contrat multisupport de dix ans, dont 3 000 € correspondent à des gains et 7 000 € à du capital initial. Seuls les 3 000 € de gains sont soumis aux prélèvements sociaux. Au taux de 17,2 % applicable à ce type de contrat, la retenue s’élève à 516 €, versée directement à l’organisme collecteur par l’assureur, qui reverse le solde à l’épargnant.

Ce prélèvement est réalisé « à la source » par l’assureur: l’épargnant n’a donc, dans l’immense majorité des cas, aucune démarche à effectuer pour s’acquitter des prélèvements sociaux sur son assurance-vie. Il apparaît simplement en déduction sur le relevé de rachat, avant réception des fonds.

Existe-t-il des cas d’exonération des prélèvements sociaux ?

Certains contrats anciens bénéficient d’une exonération, mais elle reste rare et strictement encadrée. Les bons ou contrats souscrits avant le 1er janvier 1983 échappent aux prélèvements sociaux, sauf pour les produits perçus depuis le 1er janvier 2020 et rattachés à des primes versées à compter du 10 octobre 2019, qui redeviennent taxables.

Sont également exonérés les produits des bons ou contrats en unités de compte d’une durée d’au moins huit ans et principalement investis en actions, connus sous le nom de contrats DSK ou NSK. Une troisième catégorie, plus marginale, concerne certains contrats souscrits avant le 26 septembre 1997 auprès d’un assureur établi en France, pour des versements antérieurs à cette date ou correspondant à des primes périodiques déjà prévues au contrat.

Un point mérite d’être signalé: même lorsque les produits d’un contrat sont exonérés d’impôt sur le revenu au titre d’un événement particulier, ils restent en principe soumis aux prélèvements sociaux, sauf en cas d’invalidité. Il ne faut donc pas confondre exonération fiscale et exonération sociale: la première ne vaut jamais automatiquement pour la seconde.

Comment les prélèvements sociaux se combinent-ils avec l’impôt sur le revenu ?

Sur les versements effectués depuis le 27 septembre 2017, les gains supportent au moment du retrait un prélèvement forfaitaire non libératoire de 12,8 %, ramené à 7,5 % pour les contrats de plus de huit ans, dans la limite de 150 000 € de primes versées par personne. Ce prélèvement constitue une avance sur l’impôt sur le revenu définitif, calculé ensuite lors de la déclaration annuelle, où l’abattement de 4 600 € (personne seule) ou 9 200 € (couple soumis à imposition commune) peut réduire, voire annuler, l’imposition due.

Les prélèvements sociaux, eux, s’ajoutent à ce prélèvement fiscal et suivent une logique totalement séparée: ils ne bénéficient d’aucun abattement et s’appliquent sur l’intégralité des gains constatés au retrait. Un épargnant dont le revenu fiscal de référence de l’année N-2 reste sous certains plafonds peut demander une dispense du prélèvement forfaitaire sur l’impôt, mais cette dispense ne joue jamais sur la part sociale, qui reste due dans tous les cas.

Enfin, pour les rares épargnants qui optent pour l’imposition au barème progressif plutôt que pour le prélèvement forfaitaire, une fraction de la CSG acquittée, 6,8 points sur les 9,2 % dus sur l’assurance-vie, devient déductible du revenu global l’année suivante, sauf pour les produits issus des fonds en euros. C’est un mécanisme technique, utile surtout aux foyers faiblement imposés, mais il ne change rien au montant retenu au moment même du retrait.

Questions fréquentes

Les prélèvements sociaux portent-ils sur le capital versé ?

Non. Ils ne s’appliquent qu’aux gains, intérêts des fonds en euros ou plus-values des unités de compte, jamais sur les primes versées par l’épargnant.

Le passage à 18,6 % en 2026 touche-t-il tous les contrats d’assurance-vie ?

Non, il ne concerne que les contrats de rente-survie et d’épargne handicap. Les contrats classiques, en fonds euros ou en unités de compte, restent taxés à 17,2 %.

Que se passe-t-il en cas de décès de l’assuré ?

Le dénouement du contrat au décès entraîne le calcul et le prélèvement des prélèvements sociaux sur les gains constatés à cette date, au taux alors en vigueur. Cette taxation sociale reste indépendante de la fiscalité successorale, qui obéit à ses propres règles d’abattement selon l’âge de l’assuré au moment des versements.

Faut-il déclarer soi-même les prélèvements sociaux de son assurance-vie ?

Dans la quasi-totalité des cas, non: l’assureur les prélève directement lors du versement des intérêts ou du retrait, avant de reverser le solde à l’épargnant, sans démarche déclarative de sa part.

Sources

Sources consultées le 13 août 2026.

  1. www.impots.gouv.fr/particulier/lassurance-vie-et-le-pea-0
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